• Le prochain grand conflit

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    la publication de Rodolphe Urbs.


     
     
     
    Photo de Rodolphe Urbs.
     

    Dessin pas pris

     

     A coté de Daesch, Bachar el Assad et Poutine ont l'air de minus

    La résolution 2254 sur la Syrie votée le 18 décembre à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations Unies marque le début d’une unité retrouvée de la communauté internationale et relance un processus diplomatique jusqu’alors en panne. Mais, au-delà du consensus, ce plan de paix est-il crédible ? Si l’initiative russo-américaine semble avoir été saluée par l’ensemble des acteurs, qu’en est-il sur le terrain et la position des acteurs locaux et régionaux ? Pour y voir plus clair, deux spécialistes de la Syrie apportent leurs éclairages : Myriam Benraad, chercheuse à l’IREMAM et à la FRS, spécialiste du Moyen-Orient et Manon-Nour Tannous, docteur en Relations internationales de l’Université Paris II et chercheur associé au Collège de France :

     

    Syrie : pour les acteurs locaux et régionaux, la paix est encore loin, par Myriam Benraad. La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU va se heurter à une série d’obstacles qui compromet gravement son application et risque de déboucher sur encore plus de chaos en Syrie.

    Une résolution qui marque le retour d’une régulation en Syrie, par Manon-Nour Tannous. La résolution 2254 est une nouvelle illustration de saisine par le haut de la crise syrienne. Elle est le résultat d’une implication croissante des puissances régionales et internationales dans une crise où le régime et l’opposition ont recherché des relais extérieurs à même de renforcer leur position interne.

    Je penche d'avantage sur l'avis, assez pessimiste de la situation évoqué par Myriam Benraad " S’il est compréhensible, voire apaisant, l’optimisme des derniers jours ne doit toutefois pas aveugler en omettant de souligner l’ampleur des obstacles qui se posent concrètement à la mise en œuvre pratique d’un tel plan de paix", " À maints égards, les termes du conflit n’ont guère évolué depuis le printemps 2011, le point d’achoppement premier de tout processus de paix et de transition concernant le sort réservé à Bachar Al-Assad"

     

    La Russie aurait commencé à s'entendre avec les YPG kurdes de Syrie afin de couper le passage entre l'Etat Islamique et la Turquie, ce qui changerait considérablement la donne stratégique. Nous avions déjà plusieurs fois évoqué ce qui n'était alors qu'une possibilité ; grâce à l'incident du Sukhoi, celle-ci se mue peu à peu en certitude, au grand dam du sultan qui risque de regretter longtemps, très longtemps son coup de folie. [...]

    Si les "Kurdes est" de Kobané n'ont pas encore bougé ni franchi l'Euphrate, les "Kurdes ouest" ont fait mouvement et engagé la bataille dans la plaine au nord d'Alep... soutenus par les bombardements russes ! Les YPG ont pris le contrôle de plusieurs villages à un jet de caillou de la frontière turque, mettant en péril l'approvisionnement d(Al Qaeda, Ahrar al Cham). Ce qui se profile à l'horizon est un mouvement en tenaille entre les "Kurdes est" franchissant l'Euphrate et les "Kurdes ouest", le tout protégé par les fameux S-400 russes qui vont abattre comme des mouches les avions turcs qui s'aventureraient dans la région.

    Les Américains, embringués dans des alliances totalement contradictoires, sont paralysés et ce diable de Poutine en profite avec délice. Si Moscou soutient les YPG, Washington ne pourra non seulement rien faire, mais même rien critiquer, puisque ces milices kurdes sont ses alliés théoriques. Une fois de plus, Barack à frites verra avec horreur les Russes débaucher ses propres associés.

    Car Vladimirovitch voit plus loin. Il a appelé Assad et le PYD (parti kurde chapeautant les YPG) à s'unir. Les Kurdes sont preneurs depuis un certain temps ; jusqu'ici, c'est Assad qui n'était pas très chaud, mais il est l'obligé de Moscou depuis la campagne aérienne lancée il y a deux mois. ."

     
    CHRONIQUESDUGRANDJEU.COM|PAR OBSERVATUS GEOPOLITICUS
     
     

     Les bombardements effectués par la Russie en Syrie pourraient équivaloir à des crimes de guerre en raison du nombre de civils tués dans les frappes russes, estime aujourd'hui Amnesty International en parlant de violation du droit humanitaire.


    "Les frappes aériennes russes en Syrie ont tué des centaines de civils et provoqué des destructions massives dans des zones habitées, touchant des maisons, une mosquée et un marché animé, ainsi que des centres de soin, lors d'attaques où les faits montrent qu'il y a eu violation du droit humanitaire international", écrit Amnesty dans un nouveau rapport.

    La Russie a entamé le 30 septembre une campagne de bombardements aériens en Syrie, en disant vouloir aider le principal allié du Kremlin au Moyen-Orient, le président Bachar al Assad, à battre le groupe djihadiste Etat islamique et d'autres organisations extrémistes.

    Moscou a démenti vigoureusement à plusieurs reprises avoir atteint des civils, disant veiller soigneusement à éviter de bombarder les zones d'habitation.

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     la publication de Esprit des Esprits dans le groupe guérir la planete.
     
     
     
    Photo de Esprit des Esprits.
     

     

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    Les frappes menées par la Russie en Syrie ont fait 2132 morts, dont près d'un tiers de civils, depuis le début de l'intervention militaire de Moscou le 30 septembre, a indiqué aujourd'hui l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces raids ont tué 598 membres du groupe Etat islamique (EI), et plus de 824 combattants du Front Al-Nosra, branche locale d'Al-Qaïda, et d'autres groupes rebelles, a précisé l'OSDH.

    L'ONG, qui dispose d'un vaste réseau de sources médicales et de militants en Syrie, a par ailleurs recensé 710 victimes civiles, dont 161 enfants de moins de 18 ans et 104 femmes. La Russie, intervenue dans le conflit pour venir en aide au régime de Bachar al-Assad, affirme viser l'EI et d'autres groupes «terroristes», c'est-à-dire opposés au pouvoir. Mais les Occidentaux et les militants l'accusent de concentrer ses bombardements sur les rebelles qualifiés de «modérés». 

    Du côté de l’opposition politique et armée, principalement sunnite et très morcelée malgré la désignation récente à Riyad d’un coordinateur - Riad Hijab, ancien premier ministre ayant fait défection - supposé unifier ses rangs et la représenter lors d’éventuels pourparlers, on réclame toujours le départ d’Assad comme condition à toute forme de transition politique. Au-delà de leurs clivages, la majorité des forces présentes considère le président syrien comme l’élément clé du problème, le plus criminel, aucune « solution » n’étant possible sans son retrait. Les groupuscules djihadistes, à commencer par l’organisation État islamique qui n’a jamais inscrit sa lutte dans une perspective nationale syrienne mais bien panislamiste, rejettent l’idée d’un cessez-le-feu et les plus ouverts au dialogue, à défaut d’être « modérés », refuseront catégoriquement un compromis politique avec la capitale qui signifierait un tarissement de leur base populaire, pour ne pasdire un véritable suicide militaire. Quant à l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, sponsors extérieurs ne jouant pas tous avec les mêmes cartes, ces États restent fermes sur le principe d’une Syrie future débarrassée d’Assad, tout en percevant d’un mauvais œil la notion d’une période transitoire qu’il pourrait précisément manipuler pour se régénérer. En l’état, il est malaisé d’imaginer comment la communauté internationale peut influencer ces antagonismes profonds tant les enjeux du conflit en cours pour la Syrie mais également pour ses voisins sont grands.Indiscutablement, Bachar Al-

    Assad a réussi à tirer un bénéfice stratégique du chaos qu’il a lui-même longtemps nourri pour se présenter, non seulement auprès d’une frange de sa population martyrisée, mais également auprès de certains détracteurs, comme un symbole d’ordre et de continuité, la dernière forme d’autorité rémanente en Syrie. Pour ses fidèles, « reconstituer » le régime se veut donc préférable à un plongeon plus vertigineux dans l’inconnu, quelles que soient les pertes humaines engagées. Les milices stipendiées par le régime sont parvenues à s’imposer dans toutes les zones placées sous leur tutelle. L’Iran et ses relais régionaux ne peuvent quant à eux se passer de la présence de Bachar Al-Assad pour la sauvegarde vitale de leurs intérêts, et il est probable qu’ils se battront jusqu’au dernier souffle pour sauver à la fois sa personne et les derniers lambeaux du « régime ». Outre offrir des garanties tangibles sur le terrain, cette option est la moins coûteuse et incertaine à leurs yeux. Dans ces conditions, la lutte à mort engagée de longue date entre Damas et ses adversaires désignés – mais aussi, et plus silencieusement, au sein de chaque camp – risque fort de durer.

     


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